Gaweinstal AT

Je vois le clocher de 2 églises depuis ma tente. Horn, son entrée par l’O se fait par desserte vélo/piéton. 2km de cars centers, shopping centers, garten centers, market centers, brico centers, .. centers, … centers & inondés de grands panneaux publicitaires partout, envahissantes, agressives, le bonheur du pèlerin… 8:01, la porte de la librairie s’ouvre, carte postale. Le centre de Horn, petit par sa taille, est charmant, un pt conte de fée. »Where’s the OT, bitte? » « Kein OT hier, no tourists. » L’homme se trompe, pas/peu d’étrangers qui préfèrent les montagnes du S, mais bcp de visiteurs AT. Horn et ses charmants centre & place historiques. 


Et un énorme Schloss-château avec panneau « Finanzmat ». « Une banque? » « Nein, le contraire: le Contrôle des Finances du Comté! » Bien logés les gaillards.

A 4km, perchée sur la colline boisée et isolée de toutes habitations, l’impressionnante Basilique Maria Dreirichen, XVIIème, & ouverte! C’est superbe! Pour y accéder, un chemin raide dans le bois, bordé de chaque station du Chemin de Croix. 


« Mais où sont-elles? » « Qui-a-en-le-vé-les-fô-rets? » Plus rien, nichts, nada, la morne plaine, plate à l’infini, même pas un pauvre saule moribond rescapé. Que des cultures de toutes sortes, immenses, dont 2 nouvelles (sur mon chemin): vignes et maïs dont les pousses ont 15cm au +. Ce maïs que j’avais vu grandir au fil des pas depuis le Niemen jusqu’aux Pyrénees. Chevreuils absents mais qqs faisans et cigognes, pas de perdreaux.


Mais à défaut d’arbres c’est une innombrable collection de stèles, croix, Christs et Vierges qui surgissent de toutes parts à 360*. Pas slmt le long & à la croisée de ces chemins de campagnes, mais aussi … en plein milieu des champs de seigle, orge, froment, soja, p-d-t. Au fil des temps, lors des remembrements & regroupements successifs de parcelles, ces témoins de notre culture et histoire judéo-chrétiennne, ont été préservés, où qu’ils se trouvent, et soigneusement entretenus au milieu des betteraves, maïs, céréales, … C’est admirable.


Village de Eggenburg pour assiette pâtes-coca. Les gens me questionnent (la chaleur des AT à mon égard ne cesse de m’émouvoir), dont le 1ère classe parachutiste Gherard (pic) qui revient d’ex en Écosse et un couple (60) qui est allé à Compostelle depuis Vienne en 2005. Tous les jours, ils rêvent de repartir sur le Chemin, …tiens donc, qui l’eut cru! « Vous ne pouvez pas quitter Eggenburg sans avoir vu musée-église-murailles! » me disent-ils! Ils eurent tellement raison, always trust a local. Le musée rassemble tous des objets de la région depuis … 20 millions d’années: squelettes de mammouths, d’homo sapiens, de mammifères marins lorsque cette partie de Basse-Autriche (alt 260m) était la mer, notre arbre généalogique avec nos cousins gibbons, orang-outangs, chimpanzés et gorilles, objets du m-âge, grands samovars, … jusqu’au mannequin du soldat soviétique venu délivrer et occuper la région en ´45. Une richesse culturelle dingue! Église St Stephan avec ses splendides vitraux, à tomber par terre. Et enfin les murailles du bourg moyenâgeux, intactes, que l’on peut parcourir par le haut, c’est magique. Eggenburg, petite de taille, mais époustouflante de richesse. Avec tout cela, je ne marche pas bcp, qu’importe, c’est ce Chemin de culture, d’histoire et de rencontres fortuites qui est passionnant et si important. 


Chemins balisés de campagnes nommés « Riesling Wanderweg, Wein Wanderweg,… » me conduisent à Hollabrunn où je dois me ravitailler pour la nuit. Il fait très chaud avec un ciel gris, signe d’orage. Cherchant la sortie de la pt ville, un gd bâtiment blanc sur ma droite avec, au-delà du mur, des cris d’enfants dans l’eau: la double grande piscine publique à ciel ouvert. Comme un sorbet au citron au milieu du Sahara en août, j’en bave d’envie. Go! Ce sont Alois und sa femme Gerlinde, couple formidable et responsables des lieux, qui m’y accueillent, il y a 5 enfants et moi pour se partager ce double grand espace. Qqs longueurs dans la piscine et 1h de papotes avec A & G. « Danke Schöen Alois und Gerlinde! »


Alois m’informe que la forêt qui m’attend demain (la Ernstbrunner Wald) est la plus diversifiée & mélangée d’EU en termes d’essences), les cadeaux s’enchaînent, encore & encore.


Filer N-E au + vite vers 1er bois à 2km. Bouteille vide, oublié, zut! Sonne à une porte ds hameau de Wieselfeld, juste avant ledit bois. Charmant couple m’ouvre, eau, qui-d’où-vers où, etc… (Une pt x sur ma carte peut représenter aussi bien un Christ bois/métal/pierre au détour d’un sentier qu’une pt chapelle). « C’est une pt chapelle » me dit le mari, »au centre du bois ». Il est 20h sur le sentier, la chapelle (3x6m) isolée dans les feuillus est devant moi, porte non fermée à clef, très propre & sèche, table-banc à l’ext pour éventuels promeneurs, … mon lieu de nuit dans ce lieu de paix, inespéré. Dans la chapelle, derrière une grille en fer forgé, l’autel avec, coiffés tous deux d’une couronne dorée, une grande Ste Vierge tenant le Christ mort dans ses bras, et vases avec bouquets de roses fraîches. Pain-sardines-pommes á l’extérieur, puis, allongé dans mon sac de c. sur le sol de pierre, j’écris, je regarde autour de moi et réalise le bonheur et le « fort » de cette petite parenthèse de vie. Je m’endors dans cette petite chapelle, isolée au milieu des bois, dans un parfum de roses fraîches. Est-ce un rêve? Non. C’est le Chemin. Tout au long de cette très longue journée, à travers la longue & morne plaine par chaleur humide & accablante, de petites portes ont encore grincé pour encore accéder à une cascade de cadeaux… : le Chemin.


Dim matin, Enzersdorf im Thale, dernier petit village avant entrée en forêt. Petit gasthaus où je prends un café. 3 cultivateurs à une table, un couple citadin à une autre. Ils habitent et travaillent à Vienne et, comme de + en + de Viennois, ils ont une maison de campagne dans ce village champêtre, à la recherche de tranquilité, nature et authentique. « La Ernstbrunner Wald? C’est NOTRE forêt ! Et il est interdit d’y « chasser »! Les animaux de la forêt se gèrent et s’auto-régénèrent naturellement » me dit-il (Hans) avec fierté. Super ça! Et je le constate dans la forêt: de larges plantations jeunes et « adolescentes » sont protégées par de hautes & longues clôtures. Ici, on protège les arbres pour ne pas tuer les animaux, et chacun y trouve son compte, homme-nature-animaux, dans le respect de l’autre. J’entends St François d’Assise applaudir!

Non, je n’aime pas ce que les intéressés appellent la « chasse » (terme révolu depuis des siècles qd il était vital de se nourrir pour survivre, ou se défendre », hobby inutile, archaïque et cruel aujourd’hui. Today, on tue pour se divertir. Mais la simple amorce de débat d’idée avec un intéressé, par la question objective: « tu éprouves donc du plaisir à tuer ces animaux (inoffensifs & sans défense) », se solde par une réponse en 3 temps:

– embarras – bredouillements;

– compulsion-crispation;

– fuite du débat…

Ou en 1 temps:

– la Loi l’autorise. Point.

– « débat » clos…

Non, je n’ai jamais entendu un « chasseur » dire: « oui, j’éprouve du plaisir (jusqu’à payer cher) à tuer ces animaux inoffensifs et sans défense » et c’est impatients qu’ils s’en vont, w-e’s d’hiver et mois d’août assouvir leur passion, voire pulsions. Le gagnant de la journée sera celui qui aura ramené le + de cadavres. On appelle ça un « tableau », voire des « trophées ». J’ai tué 2 jeunes cerfs « autorisés » et 1 renard, j’avais 20 ans et peu de recul, je ne cesse de le regretter.

Je garde cependant de nombreux amis « chasseurs » pour 1001 autres qualités. 😉

Sortie de la forêt pour accéder au hameau de Oberleis. Énorme surprise! Le Klosterneuburg qui s’y trouve, isolé sur le mamelon de la colline, est une étape « recueillement » de pèlerinage pour hommage à la Vierge, c’est la « Via Slavorum », reliant Krakau PL – Brünn CZ – Retz (AT) puis Slovénie.


Derrière le très sobre cloître, un immense point de vue érigé en bios pour se gaver des horizons à 360*. Il y a du monde qui sort de l’église, il y avait messe, avec les fidèles des paroisses environnantes qui viennent 1x/an (today!) à pied de leurs villages respectifs (4 à 12km)!

Très vite, la conversation se noue avec des « Composteliens » et autres, suivi d’un grand déjeuner au pied du cloître. Le Chemin et ses cadeaux… 


Rejoindre Ladendorf et un lieu de nuit, l’heure tourne, rien de discret pour dormir. Direction Neubau par une drève moyen-âgeuse (circa XIII) herbeuse de 3km jalonnées de tilleuls, hêtres & marronniers bi ou tricentenaires, impressionnant! 


Enfin une forêt à Neubau mais l’espace laissé entre les hauts mélèzes a laissé pousser une jungle de grandes ronces de 2m. Soudain, en bord du chemin, un mirador et à son pied, une grande salle de jeux, à manger & salon pour sangliers & chevreuils, 20x20m. Tout y est: la mare en béton remplie d’eau, grosses pierres avec maïs récent et mangeoire avec avoine, la totale. Dans le mirador, un journal d’hier. Pas rassurant. Bivouaquer dans un rayon de 150m d’un haut-site peut-être dangereux, les « chasseurs » sont fébriles, trop d' »accidents » recensés. Autant s’y mettre alors à son pied, contre l’échelle. Par sécurité, je tends mon fil de nylon (j’ai tjrs une bob. de 10m) en travers du chemin d’accès avec un plastique blanc, à 20m de ma tente, pas de risque inutile, mais pas d’autres endroits discrets à portée de jambe à cette heure-ci. Alors que je suis en train d’écrire…, chut…, un brocard aboie à 30m dans le living d’à coté. A 4 pattes, je quitte ma tente, contourne le mirador, le vois, dégaine, clic, immortalisé! Il ne me voit pas, je le regarde 5 min. Magnifique!


Gaweinstal – Prottes, un long ravel de 12km m’attend.

Demain, la SK via le point de passage Angern an der March (AT) & Zahorska Ves (SK). Un brin de toilette s’impose pour m’inviter dans ce nouveau pays que je ne connais pas, mes fils y ont été en camp scouts. La nuit qui précède un passage de frontière, comme un cadeau de St Nicolas, je vais chercher au fonds de mon s-à-dos la carte du pays où je m’invite, cartes préparées il y a 3 mois. C’est une découverte palpitante: points de passage, reliefs, végétation, cours d’eau, courbes de niveaux, distances,… Très vite, ce sera Bratislava dans laquelle je vais rentrer, puis, en ligne de mire, Esztergom HU, 1ère capitale de HU, au N-O de Budapest. Triste de déjà quitter cette superbe Basse-Autriche et ses habitants qui m’ont émerveillé.

Ich ❤️ Österreich !

Une réflexion sur “Gaweinstal AT

  1. Bonjour Werner,

    Plus je te lis, plus je constate que ces pays à notre EST, sont fiers de leurs cultures, de leurs croyances et de leurs traditions.
    En plus, ils ont l’air de le faire dans le respect des autres.

    Il me semble que nous devrions en tenir compte, et nous battre pour défendre NOS particularités avec plus de verve et fierté. Notre beau pays s’en porterait surement mieux…

    Tu nous donnes une belle leçon de vie par ton ouverture d’esprit et tes belles découvertes.

    Continue, s’il te plait, à nous « enrichir » et nous faire rêver ….

    Enjoy ….

    Cédric.

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