Komárno SK

Bouche réparée. Une porte a grincé pour ouvrir la porte d’un nouveau chapitre de ce Chemin, et quel chapitre!Mon OSMEALQ (mil.) est prêt et confirmé au bout de chaque journée le long du géant fluvial:

-Orientation: Sturovo SK à 5 ou 6 jours;

-Situation: longer le Danube par piste cyclable et sentiers rando’s;

-Mission: marcher-s’en prendre plein la vue-profiter-échanger-apprendre;

-Exécution: now;

-Admin. & Log.: carte pour évaluer environnement, non pour se diriger, pas de boussole, ravitaillement dispo dans petits villages le long du fleuve tous les +\- 10km (boissons, soupes, sandwiches), bivouac;

Liaison: communiquer avec locaux & condisciples nomades;

Questions?: et la solitude dans tout ça? Solitude? Y a pas, pas au programme, pas de place, jamais. Et en effet…


A peine traversé le pont Stary Most de Bratislava pour enjamber le Danube et le longer par sa rive droite, je mets les pieds sur la piste cyclable/piétonne trans-EU n*6 « Atlantique-Mer Noire », tout un programme. 30km de marche coincé entre le Danube, étroit par endroits, et son large canal parallèle qui avale toute l’eau, 4km de large à hauteur de Rajka, impressionnant. Sur ce début de piste, des Bratislaviens randonnent, courrent, pédalent, rollent sportivement. Ceux que je ne croise pas, c’est pcqu’ils grimpent ou escaladent dans le N du pays. Des sportifs éclatants tous ces SK, idem que leurs cousins CZ. Deux jeunes femmes, en tenue de sport, courent côte-à-côte (et vite!), écouteurs aux tympans, tout en poussant leurs poussettes, bébés inclus, dingue! Mais il y a aussi les autres, les Voyageurs, les nomades venus d’ailleurs, mes condisciples, quoique sur 2 roues. Pas 2h ne passent sans que je me fasse dépasser par ces thru-bikers, harnachés de leurs valises souples de part et d’autre de leurs roues avant & arrière, et qui viennent des 4 coins du monde pour descendre le Danube. Chacun arbore fièrement un pt drapeau ou écusson de son pays d’origine. Ce parcours, jusque Budapest entre autres, est mythique en EU par son tracé & environnement naturel exceptionnel. Les « Buen Camino! » (en espagnol) ou « Enjoy your Way! » se lancent mutuellement et spontanément autant que de courts arrêts pour échanger qqs mots « qui? d’où? vers où? » Chacun a des histoires fantastiques & insolites à partager. La liste est longue, au hasard et insolites: un couple de Stuttgart, 79 & 71 ans roulant de chez eux jusque Budapest; un jeune couple de coréens fraîchement mariés, +\- 25 ans, atterris à Frankfurt, rejoignent la source du Danube dans la Forêt Noire à vélo, et le suivent jusque Budapest, c’est leur voyage de noces; Sergueï, LV de Riga, roule depuis Moscou où il travaille (KPMG) jusqu’en Serbie (pic); Stefano & Claudia IT depuis Naples (pic) qui veulent arriver à Budapest demain midi, moi dans 5 jours…etc, …etc. Presque un embouteillage de thru-EU bikers in the middle of wild nature. « Where do you go to? Athens, & you? Odessa. Waow, & you? Yekaterinburg, Oural. Cool, & I, to Sarajevo. Etc…, etc… », dingue!


Mais longer le Danube n’est pas longer l’Escaut. Sur sa rive droite où je marche, c’est une multitude de très larges langues boisées, ou de lacs, étangs et marais à l’infini. Le relief? Un billard évidemment, où un trottoir serait montagneux.


20km après Bratislava, un immense barrage d’1km de long qui entrave le canal du Danube, le traverser sinon c’est dir HU. Parcourir ce barrage par sa crête (obligé) fut rocambolesque: marcher corps en oblique en se tenant à la rambarde tant le vent transversal est violent. Écrit en pt sur ma carte, au bout du barrage: « Danubian Museum »!? Musée? Ici? Dans cette brousse perdue? Au milieu de ces flots? Oui, mais rien à voir avec le « géant », un grand musée tout récent d’art moderne & contemporain, le « Danubiana Meulensteen Art Museum »! Cobra & Miró y sont annoncés en juillet, dingue, in the middle of green nowhere. 


Depuis Bratislava, 1er village à +\- 35km, Vajka. Soit continuer à suivre la berge, soit dévier un peu pour s’enfoncer et zigzaguer entre lacs et marécages boisés pour varier le plaisir. 


Ce sont des réserves naturelles protégées, et très sauvages. Bien lire la carte où un GR est tracé mais pas balisé sur le chemin. Nombreux sentiers qui aboutissent à des culs-de-sac entre les eaux stagnantes & vaseuses, danger! Mon cauchemar BY me revient à l’esprit, l’horreur. Chaud, lourd, humide, et suis trempé de sueur, ce sont des escadrons serrés de moustiques qui me fusillent en rafales. Anti-moustiques et 2nd tee-shirt abondamment trempé dans l’eau & noué autour du cou ne font pas reculer ces kamikazes. Pour appuyer les tirs, les batteries d’artillerie de taons s’y mettent aussi. Exactement le même environnement naturel de proximité (mais zones évidemment bcp + petites), & même ambiance que les traversées de marécages boisés en BY. Et exactement les mêmes bataillons de moustiques, certain qu’ils ont la double nationalité BY/SK. L’heure tourne, vite, trop vite. Il est presque 21:00 et je marche depuis 7:00 ce matin, et je n’ai pas envie de m’arrêter tant l’au-delà de la prochaine courbe est un aimant à la découverte.


Bivouac à la sortie du petit village pittoresque de Bodiky dont les 2 petites voies intérieures sont en terre battue, bucolique! Sur son flanc N, le village est cerné par des lacs, incroyable. Peu de moustiques, un vent frais bienvenu s’est levé. Mais avant dodo, passage à la salle-de-bains, à 10 mètres exactement. On ne s’y bouscule vraiment pas. C’est normal, elle fait près de 3000km de long, le Danube! Une coulée dans les broussailles mène à la berge, le fonds est graveleux, l’eau est fraîche et claire, pas de courant dans ce coude, jouissance. Suis entouré de canards qui s’interrogent sur l’intrus. Les crapauds croassent dans les joncs. Des ballets de libellules. De ma tente entrebâillée, à 10m de l’eau, je regarde le géant s’écouler paisiblement. Lui aussi va à la Mer Noire, mais en serpentant via la Serbie pour contourner les Carpates. Bivouaquer en pleine brousse le long du géant, y prendre son bain tout en regardant canards, cygnes et hérons autour de moi m’aurait paru surréaliste il y a encore qqs jours. Je le vis, c’est magique et définitivement un des moments les + forts et émouvants de mes 6000km à travers notre beau continent. Il est 21:30, le soleil couchant est rouge vif, suis ressorti de ma tente et cela fait 1h que je suis assis sur la berge, les pieds dans l’eau, complètement scotché et à me gaver de la majesté de ce fleuve. Les couleurs des ciel-fleuve-forêt en ce soleil couchant sont époustouflantes. Parfois une péniche avec remorqueur, parfois un bateau de croisière, mais souvent des arbres entiers à la dérive, incroyable. Ce sont ces derniers qui me donnent une idée de la vitesse du courant, faible à cet endroit-ci.


Le silence dans un décor d’opéra, Le Beau Danube Bleu, Le Lac des Cygnes, j’y suis, Strauss & Tchaïkowski m’y ont précédé, c’est sûr, et c’est avec une émotion non dissimulée que je me pâme à 180* de cet univers éblouissant et unique. Un manque, que les miens ne soient pas à mes côtés pour partager.


Ce Chemin est un rêve, et le mot n’est pas léger, du – pour moi. Et c’est le fil soutenu du pas qui m’y a amené. C’est le Chemin, le grand Voyage qui a repris son cours. Il y a des journées qui s’écoulent comme une douce rivière tranquille, d’autres avec des remous incessants qui se bousculent pour le meilleur, tel fut encore le cas ce jour.


D’innombrables cygnes, cigognes, cormorans, canards, hérons. Les grues & oies sauvages, ces grandes voyageuses, sont déjà parties, remontées vers la Baltique, voire la Mer de Barents, elles redescendront en octobre. 


De-ci, de-là, soirs & matins, l’une ou l’autre petite tente en bord du géant, soit à vue du chemin, soit un peu camouflée. Ce sont des nomades à 2 roues, leurs vélos attachés autour des arbres. Ils dorment encore, ou déjà.


5 moustiques flottent dans mon café, cet acharnement est insupportable. Bronzé comme un cycliste, tronc aspirine & membres charbon. Bottines comme des pantoufles. Bras & jambes comme claviers d’ordi par moustiques & taons. 2 gros orteils totalement insensibles depuis 1 mois, bis repetita cfr Mos-Com, no worry. Ma femme doit se couper en 5 à Bxl, elle est merveilleuse. Acheter une citerne d’anti-moustiques « Kill Them All » asap. Une kalachnikov pâlirait face à mon petit app. de photos. Premiers fruits mûrs cueillis discrètement & savourés: groseilles & cerises. Chaque matin, +\-1km pour dérouiller le corps, retrouver la cadence, puis ça déroule. Boire, boire, boire.


5:30, le soleil chauffe déjà le long du large canal. 2 grands bateaux de croisière le remontent, pavillons DE & SK, personne sur les ponts, ils dorment encore.



A hauteur de Gabcikovo (sur l’autre rive du canal), quitter le Danube entre lacs & marais, rejoindre et enjamber le canal via l’immense pont barrage hydroélectrique. Les vues amont & aval depuis le barrage sont époustouflantes. Obligé de traverser le canal sinon me retrouve dans un cul-de-sac à 6km, là où le canal rejoint son fleuve père, à Sap exactement. Sur le barrage, j’ai 2 bateaux de croisière à mes pieds, au fond de la cave de l’écluse. Les passagers tournent en rond sur chacun des ponts. Ils attendent patiemment, cm par cm, d’être remontés à la surface du canal, 15m + haut.


Le canal a rejoint le Danube. À ma gauche, un immense relief plat avec champs et grandes parcelles boisées de feuillus (jamais de résineux), à ma droite et à portée de bâton, le Danube dont le courant est paisible. Et au-delà, à 400m, la rive HU, totalement boisée. Miradors réapparaissent de mon côté. Côté HU, c’est la jungle en bord de fleuve.


15:00, j’ai faim & ai besoin d’ombre, la chape de chaleur est très lourde. Me fraie un passage dans les broussailles pour pique-niquer sur la berge. J’entends qq’un qui parle à une 20aine de m en aval sur la berge. Broussailles m’empêchent de le/les voir. Des Voyageurs? Allons voir & saluer. 2 vélos full équipés sont là, une tente, et à son pied un couple en train de … s’aimer. Très fort. Passionnément. Ce Danube a des effets insoupçonnés. Sur la pointe des bottines, je quitte les lieux les yeux fermés.


Court arrêt petit village de Sap, truite-chou-pdt-2 pepsi’s, 5,80€ à la taverne. Attention pour les paroissiens qui sortent de la petite église de ne pas trébucher dans le Danube, juste à côté.

Ce parcours me rappelle un peu le Camino Francès ES, où pèlerins-nomades s’arrêtent dans les tavernes des petits villages & hameaux pour s’y sustenter. Mais ces petits villages reculés de la Rioja, Meseta, Galice, bord de Danube, isolés voire un peu oubliés de leurs mères Madrid ou Bratislava, ces tavernes « very local » y voient défiler furtivement tout un brassage de nationalités et cultures, c’est magique. Ici, jamais d’auberges avec lits, le « bivouac sauvage » est + apprécié par les Voyageurs et largement toléré ici. Nature, nature, nature, quand tu nous tiens.

Un « thru » à 2 roues s’arrête à mon côté, Theo, jeune FR de Rouen (pic) 1 année sabbatique, roule jusque Sydney via EU, Kaz, Mong, Chi, puis avion Darwin AU puis désert jusque Sydney, visible s/ Fbk « Theo Bike World », bon Chemin Theo!


Cousins, amis, & compagnons de bureau (PF, JYL,…), mordus du guidon et des grands espaces verts, qu’attendez-vous? C’est ici que ça se passe.

Je traverse la Dunajské Luhy, avant Cicov, autre grande réserve naturelle protégée le long du géant, des marais boisés partout. Un trop rare panneau didactique (SK&UK) y indique que l’évaporation y est + importante que les précipitations. Au sortir de l’hiver, le Danube vient naturellement ré-abreuver cette immense zone marécageuse. Sentiers (périlleux) interdits 4 mois/an en début de printemps: danger des eaux et reproduction de la faune. Carte en main, je prévois 2h de marche pour parcourir la réserve en zigzaguant entre plans d’eaux marécageux. J’y resterai 20 secondes, à peine. Dès la 1ère bottine posée dans cet univers sombre & humide, ce sont des milliards de moustiques qui sortent de leurs tranchées, baillonette au canon et m’attaquent de toutes parts, jamais vu ça. « Birds » de Hitchcock, c’était le brouillon. Demi-tour en courant & me roulant par terre pour fuir ces nuages d’insectes.


Depuis Bratislava, sur ce chemin contemporain, ni Christs, ni Vierges, ni croix, et les petits hameaux ont perdu toute trace historique. Aucun bâtiment, stèle, objet quelconque ne rappelle un temps passé. P-ê dans les rares églises de ces très petits villages? Sais pas, toutes fermées à clef. Pour la 1ère x depuis plusieurs jours, le ciel se noircit, pas de forêts sèches, elles ont toutes les pieds dans les eaux marécageuses jusqu’en septembre. Au hameau de Klizska Nema, un nouveau petit quartier, dont 10aine de pt maisons identiques, est en train d’être construit près de l’eau. Toutes ont un toit, mais ni portes ni fenêtres encore. Y a qu’à choisir & se servir. Je prends la 1ère, vue sur Danube. 4:30, debout, café & pommes. Pas encore de Livre d’Or à signer en quittant la maison en chantier. Encore un arbre énorme qui passe sous mes yeux au milieu du fleuve, dingue. En route, vers le Levant.


Dans l’environnement et son biotope que je traverse, démarrer à 4:30 est un cadeau que l’on s’offre. Situation: chemin sablonneux avec graviers de dragage, du velours pour les assises plantaires. A droite, Sud, le Danube à portée de bâton. A gauche, Nord, une bande de foin de 40m de large qui longe le chemin, au-delà du foin se succèdent au fil des pas champs, bois, champs, bois,… A cette heure-ci, l’aube naissante, c’est grand’messe, je traverse 2 zoos. A droite, tous les volatiles d’eau qui s’envolent de la berge à mon passage. A gauche, chevreuils broutant en lisière, lièvres, cigognes, bcp de faisans, 1 renard, & sangliers invisibles mais dont les traces de sabots dans la boue et sols retournés ne laissent pas de doute. Lapins à droite dans les buissons, lièvres à gauche dans les champs, chacun chez soi. Au milieu, au-dessus, devant, derrière, à gauche, à droite, les moustiques, et pour eux c’est Shengen partout. Ce biotope et sa faune sont magiques!


Juste après Zlatna, j’ai 1 nouveau compagnon de transhumance. Pdt 1h, je marche côte-à-côte avec un … arbre entier, moi sur mon chemin, lui au milieu du fleuve, vitesses égales. Il m’abandonne pour aller s’échouer sur la berge HU.


Les premiers immeubles de Komárno sont visibles au loin, tristounets. Comme souvent dans les banlieues d’EU C, de grands legos colorés à appartements. En face d’elle, sur l’autre rive HU c’est sa ville sœur Komárom. Je vais traverser le pont du Danube et son bras qui les relie, sans mettre la bottine côté HU, juste pour sentir, humer. Chaque chose en son temps, ce sera à Sturovo.


A l’approche de Komárno, sur la berge, locaux & + viennent se frayer un passage dans les broussailles pour planter leurs parasols « Fanta » ou « Gambrinus », bronzer, pique-niquer, se baigner dans le géant. Une petite ambiance balnéaire verte se dessine au fil du pas. Ce spectacle me rappelle fidèlement mon arrivée à Berezino BY en traversant la Berezina où locaux se frayaient un passage entre ronces et orties pour aller se baigner dans le fleuve historique. Entrée dans la ville dont je ne connais que le nom s/ ma carte. Ville modeste voire pauvre (selon nos réf occ.) et selon un hongrois qui m’interroge sur mon origine. Petit OT pour petit prospectus. Les rares touristes sont surtout HU + les « nature thru-bikers » de passage furtif. 

Internet en dira +, mais je retiens: habité depuis l’âge de pierre – 200.000 soldats séjournèrent dans la forteresse entourant la vieille ville (Emp. AT/HU) – 2 tremblements de terre + 1945 ont presque tout détruit – mais surtout, fascinant aujourd’hui, ni le Danube, ni la frontière politique n’ont séparé les 2 cités sœurs Komárno SK & Komárom HU! On habite le trottoir d’en face ou de l’autre côté de la rive mais on vit ensemble, et dans les 2 langues. J’entends les Habsbourg porter un toast. 


Un tour du centre de la petite ville, petit centre pittoresque et authentique où, comme une balle de ping-pong, je suis balloté d’une église à l’autre (8! dont superbe St André à 2 clochers), toutes celles qui manquaient depuis Bratislava. Je longe une partie de sa forteresse du XVIème. Tout comme Christs & Vierges, Bela IV & Marie-Thérèse sont omniprésents. Aucune enseigne ou marque internationales de commerces ne se dispute cette bourgade, tout est local, j’adore.



Comme dans de nombreuses pt villes d’EU C & E, une « free wi-fi zone » est accessible sur la place centrale.

Ce choix Danubien est un rêve. Chemin d’aventures, Chemin de nature, Chemin d’histoire, Chemin de découvertes, Chemin d’émotions. À chaque porte qui s’ouvre, un nouveau cadeau, et l’exotisme ne fait que commencer…

2 réflexions sur “Komárno SK

  1. Ciao Werner , que de magnifiques rencontres … Celle avec tes amis à vélo me rappelle un pèlerin rencontré dans mon gîte à Figeac qui a parcouru l’an dernier à vélo 3600 km de l’Atlantique à la Mer Noire en longeant les grands fleuves européen …et a bien sur longé le Danube …Ultreia !

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