Zalāu RO

Lundi a.m., petit contrôle d’id. pour entrer dans l’enceinte du pt aéroport de Debrecen HU, ancien aér. milit. J’attends mon chef de famille à sa descente d’avion. Mômô est à l’heure, rayonnant! Merveilleuses retrouvailles, d’autant qu’il m’amène un petit cadeau de BE: qqs nuages noirs et un peu de pluie, 1ère x depuis des semaines!


Sans tarder, nous partons cartes en mains et sommes contraints, après Bank et à mon regret, de longer la chaussée d’asphalte qui nous conduit vers la frontière et au-delà. Pas d’alternatives par chemins de terre. Bivouac avt Letavertes HU dans agréable et sèche pinède.



Poste frontière secondaire, nous quittons l’espace Shengen, aucun véhicule. Douaniers HU et RO se partagent le même petit aquarium, rapide contrôle identités et go en restant sur route principale. Interdiction de prendre des photos à – de 100m de la frontière.

Je ne connais pas la RO. J’ai essayé d’y rentrer il y a 20 ans via Roussé BU mais les douaniers BU m’en ont empêché (voit. loc.). Je n’ai malheureusement pas d’amis RO mais nous avons la chance d’accueillir Ioana pour nous aider à la maison depuis 7 ans. Une femme admirable, comme son mari et leur adorable petite fille Andreea. J’aurai, je l’espère, le plaisir de retrouver Ioana et sa famille chez eux en vacances. Ce sera à Iasi RO sur ma route vers Chisinau MD. Merci Ioana pour votre aide précieuse, je me réjouis de découvrir votre beau pays et vous revoir dans votre berceau familial.

Traffic véhicules & camions va en diminuant au f & à m des villages et pattes d’oies. Nuit dans pension du village de Sacueni, soirée mémorable avec Ol & accueil charmant des tenanciers. « Vous voulez aussi un yaourt? – Heu…, da, multumesc! » Elle donne discrètement des sous à sa fille pour qu’elle aille en chercher à une pt épicerie, spécialement pour nous: un des 10aines d’ex’s de l’hospitalité, chaleur et générosité de ce peuple roumain que j’apprends à découvrir de villages en villages, ces situations ne cesseront de se répéter. Notre confrontation aussi, à Ol et moi, v-à-v de cette autre population que je croise plusieurs x/j: la population Rom/Tzigane/Gitane.


Avertissement: plusieurs fois dans propos en infra et posts suivants, je ne pourrai éviter de mentionner cette population que je suis amené à croiser quotidiennement: la population des Roms/Tziganes/Gitans. Mes propos à leur égard se borneront toujours à des constats (factuels, visuels et verbaux). Jamais je ne me permettrai qqconque jugement, et encore – qqconque stigmatisation.
À chaque frontière, nouvelle culture, langue, architecture, coutumes. Ce pays est en train de me fasciner au fil du pas. 10min de pose en retrait de la route au milieu des champs. Entre dans le champ un vieux tracteur russe des années ’70. Le jeune cultivateur en descend et nous aborde, Ol & moi : qui? d’où? vers où? 15′ d’intéressante conversation grâce à son anglais presque Schakespearien (passé 5 ans en UK). « Vous ne verrez pas de coyotes, trop craintifs, pas encore d’ours, mais bcp de gitans », l’association des 3 termes me rend perplexe. « Have you a weapon or lacrymo spray? – Yes, 3 lacrymo’s. And in Sacueni, Marghita, interesting monuments to see? churches? any historical interests? – Gipsies! – …. ok & whatelse? – Whatelse? More gipsies again. » Propos exagérés mais révélateurs de 2 populations vivant côte-à-côte mais pas ensemble, mixité exclue de part et d’autre.


Tts églises cath, orth, évang, calv, fermées, verrouillées, cadenassées, (…), sauf cette magnifique église orth. à Letavertes car l’office va débuter, le pope vient nous saluer. A Sacueni, sur l’artère principale, la fin de construction d’1 tt nvl église orth de la taille d’un Cath.



A défaut d’églises ouvertes, ce sont les cimetières qui m’attirent tjrs autant, dont le magnifique et bucolique de Zaūar à l’écart de son village. Il faut grimper pour rejoindre l’église sur le téton de la colline. Tout autour à 360* sur son large mamelon, le cimetière abondamment fleuri et arboré dans les hts herbes, c’est superbe. La plupart des inscriptions y sont en HU, témoignage de l’empire AT/HU qui s’étendait loin en Transylvanie, mais aussi des nombreuses familles d’origines HU sédentarisées.


Mon cousin Olivier est un cadeau sur ma route. Discussions ininterrompues sur thèmes les + divers, et notamment sur celui qui nous réunit le + sur ce Chemin, outre notre amitié réciproque: faciliter & augmenter les ponts entre nous, peuples européens, socialement et donc économiquement. Là est l’enjeu de la paix future, sociale & politique, dans notre continent, de Porto à Kiev, de Reykjavik à Athènes. L’union fait la force pour chacun, mais surtout la paix. Le repli identitaire, revendiqué récemment par certains élus, est du populisme aveugle et un leurre total.


Après 3j et une 70aine de km, comme prévu, Ol me quitte à Marghita RO après un long pt-déj. Merci Olivier, ta cie me fut excessivement riche & précieuse, un beau cadeau que tu m’as fait.


Petit blues normal pdt 1/2h et je réintègre mon Chemin solitaire. Les paysages changent pour mon + gd bonheur, + vallonés, parcelles boisées et de cultures + variées & + petites, troupeaux de chevaux, brebis, bovins encadrés par bergers & chiens. Je suis enfin dans cette Transylvanie rurale que j’attendais. Au loin les 1ères collines boisées que je traverserai dans 2 ou 3j par un goulot, ce sont les Monts Meces près de la ville de Zalāu. Les Carpates, c’est pour bcp + tard. J’écoute tjrs avec attention et docilité conseils et recommandations des locaux, très emphatiques à l’égard de ma démarche. Ours & Tz: ne dors pas/plus en forêt là-bas, ne marche pas de nuit, ne marche pas isolé en forêt. Cristal clear & j’obéirai à la lettre, aucun écart stupide & inutile. Dormir ss tente? Au milieu d’un champ de maïs ou tournesols: the safest, no problem at all, ou dans le jardin chez l’habitant. Re-cristal clear. Les locaux que je croise, RO & Tz sont attentifs à notre puis à ma démarche, mais avec des intérêts opposés. Les RO de ce monde rural veulent me montrer la meilleure image de leur pays et d’eux-mêmes, les Tz veulent des sous. Suite aux recommandations répétées, vraies, fausses ou exagérées, à l’égard de cette autre population, je choisis l’option prudence (jamais parfaite) en ré-organisant différemment mon apparence, paquetage et objets de valeurs. 





Redevenu nomade solitaire, je retourne vers mes pensées tout en balayant ces nouveaux paysages des yeux à 180*. J’ai décidé, si la situation m’y contraint, de changer d’identité. Et cela portera, par chance p-ê, ses fruits dès l’ap-midi après le départ d’Ol. Un bref débat qui se terminera pacifiquement pour le nomade solitaire redevenu par conséquent + vulnérable. Sur ce tronçon de route au milieu des vastes campagnes, il me dépasse sur sa vieille bicyclette amortie depuis J-C. Ici, personne ne marche seul s/ longues distances et en autonomie totale (donc qqs sous de subsistance). Nos regards se croisent furtivement évidemment. La noirceur de ses/leurs yeux m’a tjrs fasciné. Le temps passe, ainsi que les kms. Je vais bientôt arriver au village de Dolea. Route à travers bois sur 400m. A 50m devant moi, sortent 5 gaillards du bois, de 15 à 30 ans, dont ce Tz qui m’avait dépassé, je le reconnais immédiatement. Sûr que ce comité d’accueil gitan m’est réservé. Rapidement ils m’entourent tranquillement et l’aîné me questionne « qui? vers où? money? show telephone! » « No money, American military, big exercise here with US & RO armies, (et je rajoute RO police pour tenter d’enfoncer un peu le clou), 200 militaries all around, in fields & forests » désignant les alentours de la main & très sûr de moi … en apparence slmt. Dans la foulée et avt qqconque réaction de leur part, je sors mon vieux portable Motorola de secours de ma poche et m’y lance dans un monologue ferme et improvisé en anglais, fixant dans les yeux les 5 lascars à tour de rôle. Conciliabule rapide & incompréhensible entre eux et ils disparaissent comme ils étaient venus. Ouf! 5 x ouf! Une bonne poussée d’adrénaline. Une population sédentarisée, vivant en ghettos à l’écart des villages & cités, oisive, dépendante de l’assistanat d’Etat. Une intégration inexistante voire impossible tant leurs culture & mode d’existence divergent des peuples qui les accueillent. Je raconte mon histoire à un policier 2 j + tard, pas étonné du tout: « with gipsies, if you are RO, it’s ok, but you are foreigner & alone, so not ok. No problem but be careful, ask help to RO people & don’t walk during night ». Il a raison. S/ses propos, on trinque une Ursus ensemble.


Zut, fontaines publiques ont disparu et eau du robinet désormais not drinkable car les sols sont pétrolifères et exploités de part et d’autre de ma route pour leur or noir.


Suplacu de Barcaū RO, 16h, arrêt obligatoire pour boire 1l d’eau et en emmener 2 supp. Dans la taverne en bord de route, 1 h attablé m’interpelle. Floriān, RO, 58 ans, ingénieur des eaux, travaille pour une société DK et sillonne tt la RO avec son équipe pour contrôler qualité des eaux. J’accepte son invitation et m’assieds avec lui. Il me parle de ce que je vais découvrir sur mon chemin RO, suis déjà avide d’avancer. Il m’écrit une 20aines de notes s/ ma carte. Il me narre surtout tt l’histoire de son pays, « l’île romaine », population ex-méditerranéenne isolée au milieu de l’EU C, avec ses mvts de frontières, influences pol. étrangères & religieuses, liste des dignitaries régnants et leurs profils, l’unification des régions de Transylvanie, Valachie & Moldavie, les horreurs nazies et leurs suites sous Staline & Ceaucescu, la revendication de l’identité d' »apatride » de la part du peuple Tz, le Prince Charles de UK qui vient discrètement 1x/mois dans sa « chère » Transylvanie,…etc. Je suis pendu à ses lèvres, c’est la providence qui me met ce Mr sur ma route. Slmt 23km today, je dois continuer mon chemin mais il est déjà … 21h! 5h de t-à-t en cie passionnante de Floriān qui auront passé tel un claquement de doigts, 5h d’enseignement très académique entrecoupé d’anecdotes instructives par ce brillant homme dans ce petit bar perdu au fin fond de la Transylvanie… Ce Chemin ne cesse de s’étoffer dans la richesse qu’il m’apporte. Floriān, ds le prolongement de son attention à mon égard, discute avec le tavernier. Celui-ci m’organise en vitesse un sofa dans le garage en retrait et m’apporte une gde salade de tomates & oignons, du pain béni. Ns ns quittons, Fl & moi, mais ns ns retrouverons à Bxl, notre conversation n’est pas finie et je m’en réjouis. En se quittant, il me lance: « enjoy your crossing of Carpatians mountains, you’ll see the most magical views in natural environment in your life », I have no doubt about it, tk U so much for all you teached me, Florian.


Juillet s’annonce, fleurissent de + en + de voitures imm en UK, FR, BE, AT, ES & DE, ils reviennent passer leurs vacances au pays et continuer la construction ou rénovation de leurs maisons. Excellente & profitable formule pour tous: accueillis & accueillants.

Provoquer des émules, seul intérêt de ce blog, anecdote d’AT: une voiture s’arrête à ma hauteur en pleine campagne et en montée raide. Un charmant couple 70aine: « Want some help? Want to jump into the car till our next village? No sir, tk U so much but I prefer walking – (conciliabule avec sa femme) – and what about joining you for those 3 last km? My wife will drive back home. – great idea, welcome to join! » Et il se joint à moi, merveilleux.

Village de Port dans 2km, le léger vent tourne au S et m’envoie une odeur âcre dans les narines, une odeur de gazole qui me rend la gorge pâteuse. Les petits pipis entre parcelles ne laissent pas de doutes quant à leur pollution, une fine nappe bleue & orange y flotte. Floriān fronçait les sourcils et s’indignait en évoquant la qualité des sols: gazole, pesticides et rejets métaux lourds & chimiques des usines abandonnées au lendemain du communisme. « Y a un travail gigantesque à faire. Nos sols, c’est notre patrimoine, il faut le sauver & le protéger. » me disait-il.


Une barrière de cour arbore 2 pts drapeaux RO. J’en veux un. Le garçon (30) me le donne immédiatement et m’invite à pt-déj avec parents & gd-mère. Outre assiette plantureuse, dont morceau de peau de porc (cuir à mâcher & avaler pdt 1/2h!), les 3 verres traditionnels: 1 verre d’eau pétillante, 1 verre de coca/pepsi & 1 pt verre de rhum 45* cul sec. À jeun, si je ne bois pas ce feu bien calé sur ma chaise et tenant la table d’une main, je m’écroule. 1 min pour retrouver respiration normale.


Sors de mon feuillu à 5:00, 100m + loin suis déjà trempé tant la chaleur est lourde. Simleu Silvaniei (= Simleu en forêt), jamais d’OT ds ces bourgs depuis frontière HU ni même une carte de la ville à Zalāu, tourisme=0, pas de cartes détaillées des « judet » (comté). Seuls à m’aider avec générosité & disponibilité immédiate: postes de police, 3ème x qu’ils me font des photocopies 1/100 de leurs cartes. Ils sont heureux qu’un Occ. s’intéresse à leur région, pas autant que moi. En discutant avec le policier, je regarde une photo de famille punaisée derrière lui, derrière la famille, une vieille église en bois. Où? Pt hameau dans la colline à 5km N, Cehei. Je veux la voir! Parti dans la colline, trouve le hameau et demande. L’h timide m’indique de le suivre et m’emmène. Il ne parle ni UK, ni FR, ni … RO. Il n’a plus de langue, coupée, don’t know why. Il s’exprime par petits grognements et mots écrits s/feuille de journal. L’église orth. est là, isolée dans la broussaille, tt en bois sculpté ainsi que le toit fait de petites palettes en bois. Un joyau du XVIIIè que personne ne met en évidence. Elle est fermée, intérieur vide, out of use mais état parfait. Suis bouche bée. Salaj veut me montrer aussi la pt église baptiste. Il est « l’homme à tt faire » du prêtre baptiste, jardinier, entretien église, …etc. Le prêtre, bilingue, me « raconte » Salaj en 2 mots pudiques. Enfant d’une mixité non désirée (l’histoire en a connu tant: UK/aborigènes, BE/congolais, US/afro-US,…), père & mère évaporés. On lui a donné le prénom Salaj, nom du Judet/Comté, prénom anonyme…


Suis presqu’à la sortie de Simleu, très long village. Très évasés, des villages de 2000 âmes peuvent faire 3km de long. Une vieille gd’mère Tz implore les passants de lui acheter 1 ou qqs oignons, refoulée à chaque x avec indiff ou dédain. Ns allons bientôt ns croiser, elle m’intrigue. Elle m’attire même. Elle me brandit ses oignons, suppliante, elle a un visage de Mère Teresa qui rayonne, pur & bon. Un petit billet discret, en refusant les oignons. Elle fait un signe de croix et embrasse ma main. Je lui embrasse la joue. Elle verse 2 larmes, et c’est contagieux. Je voudrais lui poser 1000 questions s/sa vie, son enfance, ses us & coutumes, ses attentes, je voudrais passer une soirée dans sa famille, pas comme voyeur impudique, juste pour apprendre et p-ê comprendre, un peu. Mais c’est très/trop compliqué.


Chemins de terre, forêts, les 1ers up & down’s depuis la Rhénanie, de nvx paysages à couper le souffle. Que cette RO & Transylvanie sont belles, et puis il y a cette atmosphère particulière, unique.


Les nuits se poursuivent en endroits divers, feuillus, maïs, jardin du Pope de Mesju qui parle un peu ES. Le Pope m’invite à dresser ma tente contre son église, et oublie de me dire qu’il y a messe à 6:00. Gd moment de solitude le matin lorsque je sors de ma tente à moitié vêtu dvt les fidèles qui entrent ds l’église. Pas fermé l’œil, les chiens du village ont aboyé tt la nuit.



Architecture d’avt-hier XIXè côtoie celle d’hier communiste et de today tourné vers demain. Dacia R12 1970 côtoient grosses cyl occ et charrettes à chevaux des Tz. Panneaux annonciateurs de villages d’ép. communiste côtoient nvx avec couleurs EU. Drapeaux RO & EU flottent ds espaces publics, façades de maisons et … chœurs d’églises! Un pays en pleine mutation et fier d’appartenir à notre famille EU: sécurité de paix politique et espoir de futurs standards sociaux comparables, idem qu’ES ’80, CZ & SK ´90, …etc. RO y va, lentement mais sûrement, et c’est bon signe pour nous tous.



5km entre Simleu & Pericei, suffisamment pour que gros orage me rattrape. Je crois, à le voir derrière moi, qu’il sera violent, court et bienfaiteur. En bord de route, au milieu des champs, un immense bâtiment isolé en construction, futur imm. à appts je pense. M’y engouffre pour me changer, manger et attendre un peu que cet orage faiblisse. Tour du locataire, la construction semble interrompue depuis longtemps. 3 étages, une 40aine de pièces, y a qu’à se servir. Les heures passent, l’orage n’est pas court. Y dormir? N’est que 18h, j’attends encore. Mais, 1x n’est pas coutume, me suis fait repérer. Cmt? Don’t know, suis tjrs discret. En silence, 2 gaillards RO (40) me surprennent dans ma « chambre » de béton au 2è étage, chacun des 2 tient qqch (?) dans sa poche. On palabre, on fraternise. Ils pensaient que j’étais un/des Tz rôdeur/s. On passe 1h ensemble. L’1 parle FR, « si tu as besoin de qqch ou aide, appelle-moi » et me donne son n* gsm, trop sympa. Me recommande d’éviter un hameau Tz à 8km (…), cristal clear. Nuit calme & au sec, la pluie dure.


Pt-déj dans un tableau de Monet: sur les rochers qui bordent le lac Crasna, du nom de sa rivière et son village, bucolique. Le soleil rouge se lève, le lac est transparent, les collines qui l’entourent chassent la brume, tout cela dans un silence transylvanien qui me porte. Qqs cormorans et canards. Revivrai-je de tels instants? Une atmosphère qui prête à la rêverie et au remerciement au Gd Mystère pour ce qu’il nous prête. Me sens seul au monde dans cet immense environnement pur & authentique. Du coup, un 2è café sur mon pt réchaud pour tarder le départ. La digue herbeuse de 3km qui retient ce lac est la seule en RO à avoir été entièrement construite à la main ET en briques de tourbe. Avec longues branches en guise de cannes, un père Tz et ses 2 enfants s’installent pour pêcher à 300m.


Pt hameau rural mais gd église, à Recea Mica. Il y a messe. Les femmes sont à l’église, les hommes les attendent bières en main à la pt buvette au bas de l’église. Les RO ont la boisson sobre. Je passe 1h avec eux. « Bon voyage, le Belge! »


C’est soit une boucle de 12 km pour rejoindre Zalāu, soit un azimut de 4 km par collines & plateaux de foins & bois. Pas de chemin et pas de boussole nécessaire, d’après ma carte il suffit de suivre la ligne à ht tension, repère sécuritaire idéal. Presqu’en crête, un berger (70 ans, 2 dents & yeux bleus azurs), son troupeau de brebis et ses 3 chiens. 1h ensemble à papoter par signes. « Zalāu? Tu as le temps, repose-toi, mange (en me montrant pommes, prunes, pain, tomates, oignons, piments, eau & poissons secs), installe-toi là, nous irons demain am ou pm à Zalāu avec les moutons ». Je jette un coup d’œil dans sa cabane 2x2m, il n’y a qu’un tapis de foin, pour dormir. J’en rêve, mais il n’est que 13h. Ce bon berger a une notion de temps et d’espace qui me laisse pantois, un autre univers. Il passe toutes ses journées seul sur les plateaux à vaquer avec ses brebis, il vit avec le ciel souriant ou pleureur, et ces collines ondulées à perte de vue, les plateaux de Transylvanie! Le monde peut s’écrouler, il ne le verrait pas et sa vie continuerait comme si rien n’était. Je le quitte à regret.


Gros coup de pompe, très gros. Ne sais pas pq, p-ê la chaleur ou tous ces kgs perdus. Depuis 3 jours, chaque pt stop m’invite à m’endormir s/place. La tête roucoule à tous vents mais impossible d’enclencher la 2de, encore – la 3ème ou 4ème. Nuits courtes mais bénéfiques, alimentation ok, pas de bobos, distances sans excès démesurés, mais là, subitement, ça ne répond plus, plus rien. Je pousse sur ON et ça bloque sur OFF, tant les jambes que les épaules. Le corps a ses raisons que la tête ne cerne pas toujours. Il n’est que 12:00 et slmt une 15aine km parcourus. Zalāu est à vue, je dois m’y arrêter, trouver pension, faire un pt break, lessive, manger, dormir.


Entrée de Zalāu, quartier militaire désaffecté mais encore gardé par gardes & chiens. Papote avec le caporal de garde.


Eric prépare nos retrouvailles sur mon Chemin RO, bientôt, chouette!

Direction Creaca, puis plusieurs azimuts vers Bālan & Cernuc. Prochaine pt ville: Dej. Ma carte en aval ressemble à un jeu d’échecs: églises & sites hist. vont commencer à se bousculer. 

3 réflexions sur “Zalāu RO

  1. Ca ne plaira pas à tout le monde, mais je regrette que ce voyageur s’arrêtera ‘deja’ aux bords de la Mer Noir. Qu’est ce que j’aimerai continuer à lire Werner décrivant les Steppes d’Asie Centrale ou de la Sibérie. A chaque pas qu’il effectue, il nous apprend un peu plus sur nos paysages intérieurs qui ne demandent qu’à être decouverts.
    Thanks Brother.
    Seb

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  2. Bonjour Werner,

    C’est toujours passionnant de suivre ton récit.
    Je viens de rentrer définitivement de Turquie.
    M’est-il possible de t’accompagner quelques jours dans la traversée des Carpates ?
    Y a-t-il des vols qui permettent de rejoindre ton itinéraire au départ de Bruxelles ou de Paris ?
    Amitiés,

    Serge

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