Iași RO

Pietra Neamt, le bas de l’escalier des Carpates. Ouvrir la porte et faire face à la rase plaine et sa chaleur étouffante, c’est très soudain. Une bottine dans la dernière colline, l’autre déjà en plaine. Montagnes, collines, forêts et ours sont derrière. Devant, une route sinueuse, tantôt asphalte, surtout terre graveleuse qui me mène à Iasi, via la pt route secondaire Margineni – Roman – Sagna – hameau de Nistria – Popesti – Dumesti. 47km d’une traite ce jr, longer champs de maïs et tournesols, aucun intérêt culturel ni rencontres. Marcher en mettant le turbo, point. Je m’arrête vers 1:00 du matin, la lune est pleine, l’air est doux et rien ne m’a incité à m’arrêter avt, ni environnement, ni rencontres, ni fatigue, ni pieds. Bivouac ds maïs, peu romantique, mais facile, discret & rapide. Dans ma tête, je me repasse en boucle tout ce chapitre fort de 10 jrs ds les entrailles des Carpates. A l’approche du bourg de Roman, trop loin & trop sombre déjà pour photos, un gd troupeau de vaches se baigne jusqu’au garrot dans la Moldova, je rêve de les y rejoindre tant la chaleur reste lourde à cette hr tardive. Pt OT fermé depuis 1 an, faute d’intérêt touristique. Temp. affichée à la Mairie à 20:30: 36*, un gd spaghetti, une Ursus N.A. lemon, un double café, 2l d’eau à emporter et go. L’asphalte se mue en terre graveleuse et poussiéreuse. Le traffic moteur disparaît au profit des charrettes attelées aux chevaux, ça vient de partout.


L’environnement change, il est valloné, étiré et pelé. De gds troupeaux de moutons arpentent ce sol déjà devenu aride, la terre est craquelée tant elle est sèche. L’épaisse et grasse herbe verte des montagnes est loin derrière. J’arrive au pt hameau de Nistria, le temps a dû s’y arrêter il y a + de 50 ans. Même selon les standards RO, les qqs gens qui y vivent y sont pauvres, très pauvres. Il ne serait pas digne de mentionner les signes de cette pauvreté si visible & désolante, sauf un, tristement révélateur. Je vais quitter le hameau (300m de long) après qqs palabres avec bergers qd un groupe de 8 femmes assises dans les hts herbes du bas-côté me hèlent. Comme de coutume, elles ont leurs foulards et longs tabliers colorés, elles ont la peau du visage burinée par le soleil et l’air de la campagne, et ont le regard vif. Elles ont de 40 à 80 ans. « Qui? D’où? Vers où? » Mais personne ici ne connaît autre mot que le RO, communication difficile. Je fais remarquer à une des femmes qui tient sa pte fille sur ses genoux que celle-ci est très frumoasa = mignonne (longs cheveux blonds très sales, yeux verts pétillants, elle a un visage d’ange). « Prends-la, elle sera mieux chez toi en Belgia qu’ici, je te la donne, prends-la stp. » en me la tendant. L’enfant se met à pleurer. Les autres femmes ne bronchent pas, elles acquiescent presque. Nous sommes en EU, ds l’UE & au XXIè S, j’en pleure presque de rage, et certainement pas contre cette maman qui semble désespérée. Depuis 3 sem., ds cette RO profonde & rurale, j’ai souvent côtoyé des gens pauvres mais heureux; ici à Nistria, je rencontre des gens très pauvres & très malheureux, sans espoir d’un jour meilleur. Que faire? Que leur dire? Je me sens si impuissant.



Je quitte le hameau à la quête d’un lieu de nuit. Les petites forêts deviennent rarissimes. Finalement un large bois de chênes sur le mamelon entre Nistria & Stomesti. Je vois les 2 villages dans leur vallée respective. En me quittant, Eric m’avait conseillé de manger + sainement le soir, autre que éternels biscuits-sardines-tomates. Chose faite ce soir: soupe de légumes … à l’eau gazeuse, bêrk! Me suis trompé à l’achat en me ravitaillant, mais l’estomac ne fait pas la différence.


Le chemin de terre sillonne de villages en villages, espacés de 4 à 10km. « Un étranger ici?! » 100x répétés. Je croise bcp de troupeaux de brebis & vaches, et leurs gentils chienchiens très jouettes. Ici, ils ne sont pas dressés pour faire face aux prédateurs tels que loups, ours, lynx & chiens errants. Stomesti, il y a, comme ds chaque village, une pte épicerie-bar. J’attends l’ouverture de 6:00. Je suis à 100 lieues du spectacle que je vais y vivre. Une charrette attelée y est déjà avec père & fils, ils attendent aussi. 6:00, je prends mon café (non gazeux) + pain & fromage de chèvre, et me mets sur le seuil pour avaler tt cela. Arrive une 2ème charrette attelée, puis une 3ème, … une 10ème, … une 20ème, dans cette petite ruelle poussiéreuse à souhait. Elles viennent de partout. C’est l’engorgement général, Pl. Stéphanie (Bxl-BE) sans tunnel à l’heure de pointe dans la profonde campagne moldave RO, dingue! Mais ça ne perturbe personne, & tt le monde se connaît évidemment. Femmes & jeunes restent assis dans les charrettes pdt que les hommes vont vite avaler leur 1ère Ciuc de la journée, et acheter pain, bouteille plastique de 2l de bière qui restera chaude tte la journée, et autres menues victuailles. Les femmes assises dans leurs cariolles papotent entre elles. Des chevaux hennissent, impatients & coincés entre d’autres charrettes. Je me faufile entre les charrettes, « garées » ds ts les sens, pour saluer et caresser les chevaux. « Je peux prendre une photo de l’ensemble? » Certaines acquiescent, d’autres aussi mais avec Lei à la clef, je renonce à contre cœur. Je salue, caresse les chevaux avec un œil distrait dans leurs longues charrettes. Dans l’une d’elles, un homme (60) gît de tt son long sur un matelas de foin, bâche en plastique sur lui jusqu’au cou! « Il dort? » « Nu » me répond la femme. « Il est mort? » Encore « Nu ». « …? » Elle me fait signe de regarder en-dessous de la charrette. Entre les planches coule le vomis de l’homme ivre mort. Ça ne perturbe personne. Le « cocher » finit par arriver auprès de son épaisse femme après sa/ses Ciuc et m’explique qu’il a retrouvé son voisin affalé ds l’herbe en colline au lever du soleil, entouré de ses vaches, ivre mort. Il le ramène chez lui, mais seulement après ses priorités: sa Ciuc, ses pts achats et papotes avec copains bergers & fermiers. Dingue, dingue, dingue. Fantastique! Chevaux & charrettes se dispersent peu à peu vers champs & collines, et la journée reprend son cours tranquille. Ai-je eu une hallucination? Non, tt cela a duré 1/2h, ne reste plus que le nuage de poussière du départ des cariolles dans la ruelle pour me confirmer cette scène surréaliste. Dingue! Qqs azimuts à travers champs moissonnés pour gagner du tps entre villages, les points de destinations sont très visibles de loin. Encore + de 40km aujourd’hui, sans cesse happé des yeux par ces lointains paysages moldaves et tt ce qui m’entoure selon les lieux: gens, paysages, maisons, hameaux & villages. Christ et Vierge continuent de longer ma route, tout comme ces magnifiques églises et un … corbillard à atteler.


Parmi ts ces hommes de la terre croisés, il y a Stefan (72) croisé à la descente de sa carriole attelée à Doroscani. De sa lointaine jeunesse, il se souvient de qqs mots en FR. Il n’a pas eu une vie originale ni à rebondissements. Depuis ses 15 ans, il vit au rythme des saisons de manière immuable. Faire paître les moutons, faucher, rentrer le foin et préparer le bois pour l’hiver en été. Nourrir les bêtes et vendre son fromage de chèvre en hiver. Point. Tt en me parlant, il ne cesse de me tenir la main en la serrant fort. Son émotion, son visage & ses yeux révèlent un homme pur & bon.


Une porte qui grince de tps-en-tps… : je fais une pte pause dvt l’église de Pausesti & me joins à un groupe d’hommes assis sur le muret. « And you like RO? », la question m’est posée 1000x. « Yes, tremendously, I adore it, for its landscapes & its people, … except for one thing. » « …??? » Là, je n’en peux plus tant ça m’écœure au quotidien, et cela ressort à chaque réponse: « I cannot stand to see all those rubbish everywhere. Plastic bottles, plastic bags, cans, they are everywhere, along the roads, on paths, in forests, in fields, even in front of police stations & consuls (Mairies), everywhere, what a pity in such a beautiful country, why? » … silence de mort, on n’entend que les grillons. Légers acquiescements de tête de certains. Pour rompre silence & embarras, le gd et fort gaillard de la bande bredouille: « Yes, it’s true, but it’s not me. » Même mon fils de 6 ans aurait trouvé mieux comme réponse. Combien de x, pour prendre une belle photo de paysage, je dois d’abord aller écarter bouteille de plastique ou canette qui salit l’avt-plan de ma photo, 100x. Je n’ai pas de leçon à donner, surtout que ma chère BE est loin d’être un exemple en la matière, mais il suffirait de si peu pour balayer définitivement ce fléau, ce pays est si beau & si authentique. Parenthèse fermée.

19:00, trouver ravitaillement et lieu de bivouac, ça ne pourra être que près du lac de Cogeasca, dernier village rural avt de rejoindre l’inévitable gd’route pour les derniers kms vers Iasi. Du surplomb où j’aboutis, la vue de ce gd lac en forme de boomerang est féerique. De l’autre côté du lac, le flanc opposé est parsemé de bouquets d’oliviers. Il n’y a que là que je peux jeter mes hardes pour la nuit. Mais des points blancs s’en détachent, la colline est déjà occupée. 2 gds troupeaux de moutons se partagent le km de flanc de colline. 1h pour contourner le lac et les troupeaux sont déjà redescendus, s’abreuvent dans le lac et direction dodo-bergerie loin de moi. La vue depuis ma tente est magique, j’ai le coucher de soleil ricochant sur le lac juste en face de moi. Je pourrais/voudrais dormir à la belle étoile tant l’air est chaud & sec. Mais à défaut d’ours, ce sont les serpents (+1m) qui sont nombreux sur ces sols arides. Pas mortels, mais très vénéneux avec morsure provoquant grosse enflure et hausse du battement cardiaque. Une nouvelle journée de ce Chemin RO époustouflant est en train de s’achever. Demain midi, la ville de Iasi, et Ioana & sa famille pour une chaleureuse visite.



Finalement, je parviens à rester à distance de la grand’route, je reste derrière la chaîne de colline qui me sépare de la grand’route pdt 9km me frayant passage au milieu des troupeaux de moutons et de vaches. Ds leur solitude, les gardiens de troupeaux voudraient causer, mais je suis pressé d’atteindre la ville, la 1ère depuis Bratislava SK. Franchir le surplomb de la colline, la descendre comme d’un toboggan et contre tt attente, me retrouver soudainement ds le cul du Décathlon de la banlieue de Iasi! C’est passer d’1 planète à l’autre en 5′! Decathlon = providence: besoin d’urgence d’1 nvl boussole, cassé la mienne en marchant dessus lors de bivouac. Ce gd supermarché du sport & loisirs avec musique & bruit, gens affairés, caddies, rayons pleins, fait presque peur, à des années lumière des moutons, faux & meules, charrettes attelées, paysages lointains et le silence à l’infini. C’est la ville moderne dont j’ouvre la porte.




Iași, enfin (prononcer Yash’)! Ioana, qu’Isabel & moi avons la chance de connaître à Bxl depuis 7 ans m’attend chez elle. Chaleureuses retrouvailles et avec son ange de fille Andreea. Son mari, retenu par son travail à Bxl, ne pourra arriver à Iași que ds 3 jrs. Avec Ioana comme guide d’excellence, délicieux restaurant-terrasse pour me gaver en qual. & quant. jusqu’à Vladivostok, visite du gd centre historique, impressionnant de beauté, dont son fameux Palais de la Culture, digne de Versailles, que nous visitons, dont tous les portraits des règnants de RO, y inclus le père de SM le Roi Michel. La Cathédrale Métropolitaine = un joyau, l’église des 3 Hiérarques, le Palais Roznovanu et autres merveilles de richesse inouïe. Iasi, une gde ville aérée, lumineuse & propre. Mais il y fait très chaud en été. Soirée barbecue & nuit chez des amis -Constantin & Andreea- de Ioana & son mari sur la colline à l’E de Iasi. De leur belle maison-chalet de bois, la vue est magique: tt la ville de Iasi en contrebas, les autres collines, l’aéroport au loin. Ap pt-déj, retour à la ville et aurevoir ému de ma part. Ioana, à l’instar de ses compatriotes, m’a traité comme un prince, avec toute la disponibilité, l’attention et la générosité qui la caractérise. Multumesc Ioana, de tout cœur. Mon séjour ds votre magnifique pays et à Iasi restera gravé.


Quitter Iasi et cette symphonie RO en 3 mouvements: Plaine de Transylvanie – Carpates – Moldavie, est dur. J’y ai vécu des moments denses & exceptionnels entre nature et gens. A Sculeni (RO & MD), je ne fermerai pas la porte derrière moi, je la laisserai entr’ouverte, pour y revenir un jour, c’est sûr. 

Prochaine grande étape: Chisinau MD, avec déjà une épine avt d’entrer en MD: le check-point frontière le + proche de Iasi est Ungheni (RO & MD) mais uniquement accessible en train, via le pont Eiffel sur la rivière Prut. Conséquence: 19km de détour par le N (via Sculeni) pour finalement revenir à 3km à vol d’oiseau de l’autre côté de la frontière. Purée! 1/2 jr de « perdu ». Ce n’est pas tout, je reçois un mail de Anca, gérante de l’OT de Iasi: 

Expéditeur: Centrul de Informare Turistica Iasi  Date: 28 juillet 2016 08:49:54 UTC+3 Destinataire: Werner van Zuylen Objet: Rép : Border Ungheni RO/MD

« Well, dear Werner it seems it is not so easy. The nearest checkpoint is Sculeni for cars (or Ungheni for trains). But … it is NOT allowed to cross the border by foot. It’s mandatory to use a car or a bus. Or a bicycle. The situation is the same in any cross point, I just called the border police. So, their suggestion is to go by foot until the checkpoint and ask somebody with a car or bus to take you to the other side. I’m sure you will find a nice person to help you. Good luck, Anca. »

Voilà, passer la frontière à pied est interdit à Ungheni (train only) ainsi qu’à Sculeni par le no man’s land = exactement comme je l’avais vécu à la frontière BY-PL en 2013. Autre contrariété: les Bancomat en MD ne sont pas opérationnels pour les cartes étrangères. L’aventure continue… 



Je suis triste de (déjà) quitter ce pays, cette RO que j’ai eu la chance de vivre dans ses entrailles à travers ses plaines, collines & montagnes, ses hameaux ruraux et surtout ses émotions et ses gens, tjrs le cœur sur la main. Mes seuls traits d’union depuis les Carpates jusqu’à la frontière UA seront Stefan le Gd, Prince de Gde Moldavie au 15ème S et Vasile Lupu, régnant lui auss, au 17ème. Deux gds bienfaiteurs que RO & MD admirent. Ils jalonnent aussi mon chemin, aux côtés de Christ & Vierge. Mulțumesc minunat România, la revedere!  Mulțumesc Ioana & Andreea, Constantin & Andreea, Adriān & Lucica, Ursa, Stefan, Valeriu, Nicusor, Nicolae, Anca et tous ces anonymes qui m’ont tendu la main & ouvert leur porte. Mulțumesc!

Direction Chisinau MD, puis Odessa UA en longeant la Transnistrie, zone rebelle non reconnue par Commun. Intern. à éviter à tt prix.

8 réflexions sur “Iași RO

  1. Cher Werner, que de magnifiques paysages avec troupeaux de moutons et vieilles églises en bois. Magnifique retrouvaille avec ton amie Roumaine. Bonne continuation

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  2. Fa-bu-leux !
    Que nous reste-t’il après la lecture de cette épopée sinon la nostalgie de la liberté que nous avons effleurée dans nos rêves, parfois devenus réalité. Que c’est bon tout ça.
    Merci Werner

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  3. Mon Papa
    Je suis très content chaque fois que t’écrire et je te vois en photos! 😀💪🏼🏃🏻☀️😇
    En Dordogne je me suis bagne dans une Rivière et je pensais que je faisais comme toi 🏊🏊🏊
    Nous partons à la coru et los abuelos m’on acheté une table de surf!!!!! 🏄🏄🏄
    Je t’aime très très fort!!!
    ☺️🙃☺️🙃

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  4. Dieu, que l’Europe est diverse ! Merci, Werner, de nous faire découvrir ‘nos cousins de là-bas’, tout à l’Ouest de notre Union (?) Européenne…
    Heureux (et soulagé) de te savoir arrivé de l’autre côté des Carpates, là où les chiens sont gentils. Profite pleinement, lentement, consciemment de la ‘dernière ligne droite’. A peine 300 km avant Odessa.
    Yes man, you’ll make it !

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  5. Dieu, que l’Europe est diverse ! Merci, Werner, de nous faire découvrir nos ‘cousins de là-bas’, tout à l’Est de notre Union (?) Européenne.
    Heureux (et soulagé) de te savoir arrivé de l’autre côté des Carpates, là où les chiens sont gentils. Profite pleinement, lentement, consciemment de la dernière ligne droite avant Odessa. Plus que 300 km … !
    Yes man, you’ll make it !

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  6. Te lire au fil des jours et ainsi te suivre dans cette passionnante aventure est un feuilleton dont on ne se lasse pas … Grand merci et all the very best pour les jours à venir ! BKiss

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  7. Dieu, que l’Europe est diverse ! Merci, cher Werner, de nous faire connaître nos ‘lointains cousins européens’. Heureux (et même rassuré) de te savoir sur le versant Est des Carpates, là où les chiens sont gentils …Profite pleinement, profondément, consciemment de la ‘dernière ligne droite’. Plus ‘que’ 300 km avant Odessa …
    Yes man, you’ll make it ! Proud of you !

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